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Le gros œuvre en chantiers

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Bureaux 100% "préfa" à Avignon, encore un architecte convaincu

La preuve par le chantier Bâtiment tertiaire et industriel

    le 21 octobre 2014

Pas une banche sur le chantier ! Après avoir déjà réalisé, pour cette zone, 4 bâtiments en béton coulé en place, le nouvel immeuble tertiaire du M.I.N d’Avignon joue à 100% la carte de la préfabrication. Rencontre avec l'agence Arpège Architectures et l’entreprise Girard pour en savoir plus sur ce choix construction et ses avantages.


Le transfert du siège social de la Banque Chaix du centre-ville d’Avignon au Marché d’Intérêt National (M.I.N) se traduit par la construction d’un nouvel immeuble - le D 5 -, dans le prolongement du D 4 que la banque occupe déjà. Composé de deux parties reliées par un espace central, cet immeuble tertiaire R+2 accueille, également, une boulangerie traditionnelle de l’enseigne Romarin.
Sa construction fait appel à des solutions techniques radicalement différentes : 800 m² de prémurs pour les parties verticales, 2000 m² de dalles alvéolées pour les planchers du bâtiment principal et les toitures terrasses et 380 m² de prédalles pour les planchers de l’espace de liaison et ceux du second bâtiment.


Du D1 au D5… un programme toujours plus exigeant

“En 15 ans, les contraintes programmatiques des bâtiments du M.I.N. ont évolué dans tous les domaines, résume Jean-François Quelderie, de l’agence d’architecture avignonnaise Arpège. Déjà, nous allons vers des espaces toujours plus souples en termes de partitions intérieures. Cela s’explique par un turn-over croissant des locataires qui arrivent avec des besoins spécifiques liés à leur activité. Pour ce nouveau bâtiment D5, la banque Chaix souhaitait des plateaux les plus larges possibles sans mur porteur. Les contraintes réglementaires se sont également fortement renforcées, notamment avec l’arrivée de la RT 2012. Enfin, nous devons tenir compte des enjeux économiques et rentrer dans des budgets et des délais toujours plus serrés.”

Le virage vers le tout “préfa”

“Au départ, nous avions fait une étude béton avec des banches, se rappellent Pascal Postel et Bruno Vargas, respectivement Conducteur de travaux et Chef de chantier chez Girard (Vinci Construction). Mais, on s’est vite rendu compte qu’il fallait coffrer toutes les surfaces avec l’inconvénient de nombreuses formes de murs biaisées, complexes et chronophages à réaliser. Nous avons donc décidé de chiffrer une variante en prémurs, dalles alvéolées et prédalles.” Le résultat de cette pré-études menée avec Laurent Baille, chargé d’affaires KP1 et le BE Structure Beccamel, se traduit par une nette simplification technique et une diminution significative des temps de mise en œuvre et du coût global.

Une première pour l’agence Arpège

“C’est la première fois que nous faisons un chantier 100% en “préfa” à l’agence, reconnait Jean-François Quelderie. Pour nous, architectes, la tâche est peut-être plus difficile dans le cadre de notre mission VISA(2), car nous devons valider un puzzle d’éléments. Cela nécessite d’avoir un fabricant, un bureau d’études et une entreprise capables de mettre en place un contrôle interne très sérieux pour vérifier la correspondance avec nos prescriptions et le projet architectural.”

Une optimisation optimale


La maîtrise d’œuvre a profité de la grande souplesse offerte par la préfabrication. “Nous avons travaillé en amont avec Stéphane Quincieux, ingénieur au BE Beccamel du Pontet, pour éliminer le maximum de poutres et de murs de refends, précise Jean-François Quelderie. Nous avons aussi réglé certains problèmes techniques comme les saignées, avec le passage des gaines électriques alimentant les châssis aluminium et leurs volets roulants entre les deux parements des prémurs avant son remplissage.”




Des atouts esthétiques évidents

“Ce choix a été pris pour des raisons techniques, économiques mais, à partir du moment où nous avons opté pour une isolation par l’extérieur, cette solution est aussi un très bon choix sur le plan esthétique, complète Alexis Valour, architecte associé, qui assure le suivi du chantier. La qualité de finition des surfaces des parements intérieurs des prémurs, des dalles et des prédalles, sont supérieures aux ouvrages coulés en place. Cela permet de prescrire un simple enduit léger avec une mise en peinture et d’obtenir une finition sans défaut.



“La préfabrication demande plus de préparation en amont, mais elle nous a permis de gagner 30% de délai de réalisation en 15 ans, si l'on compare aux 4 derniers bâtiments réalisés dans cette zone depuis 2002. Ce mécano impressionnant n’a pas eu d’incidence sur le projet architectural qui a gardé toute sa diversité. Il faut juste des entreprises structurées avec un personnel parfaitement qualifié sur le chantier.” Jean-François Quelderie, architecte.






¼ d’heure chrono par dalle alvéolée !


De son côté, l’entreprise Girard a pu accélérer les temps de pose des éléments entre eux. “Les prémurs sont livrés avec une joue intérieure un peu décalée afin de faciliter l’installation de la dalle alvéolée, révèle Bruno Vargas. Et si, au départ, nous avions compté environ une heure par dalle alvéolée, nous sommes vite arrivés à ¼ d’heure, y compris avec l’installation du système de gardes corps Ecopac. De plus, avec leur portée de 11.90 m, les dalles alvéolées libèrent l’intégralité les plateaux et suppriment l’utilisation des étais.”



La livraison des dalles alvéolés et des prédalles se fait par une grue mobile qui permet de placer les éléments avec plus de précisions. Les boucles de levage intégrées aux dalles, un brevet KP1, facilitent et sécurisent l’élingage et le levage de ces pièces de 6.5 tonnes. Il suffit juste d’une petite impulsion pour les positionner à leur emplacement précis.

Plus de sécurité et confort

“Par rapport au coulage en place, la préfabrication nous apporte d’autres atouts au quotidien, détaille Bruno Vargas. Déjà, au niveau de la propreté et de la sécurité du chantier : il n’y a pas d’huile de décoffrage, pas de bout d’acier qui dépasse et pas d’eau sur le chantier. De même, nous n’avons plus besoin de place pour stocker et nettoyer les banches. Enfin, ils suppriment l’attente habituelle des toupies béton le soir et nous pouvons effectuer le remplissage béton des prémurs quand cela nous arrange.”




"Ce choix du 100% préfabrication nous a clairement permis de gagner du temps sur le planning. Nous avons pu rattraper les ponts du mois de mai et livrer le gros œuvre dans le délai convenu de 2 mois, sans difficulté.“ Bruno Vargas, Chef de chantier.







A noter que si les prémurs ne sont pas fournis par KP1, pour des raisons d’éloignement du site de production entrainant un coût de transport prohibitif et une dégradation du bilan environnemental, l’entreprise Girard souligne l’intérêt de son partenariat. “C’est pour nous, avant tout, lié au service, conclue Bruno Vargas. KP1 propose des produits à la qualité sans surprise, avec une logistique parfaitement rodée et une grande capacité à s’adapter.”

(1) Situé au Sud d’Avignon, à proximité du centre-ville sur une surface de 25 ha, le Marché d’Intérêt National d’Avignon propose des locaux industriels et, directement sur l’avenue Pierre Sémard, un ensemble de bureaux modernes abritant, notamment le siège social de KP1.

(2) La mission VISA (visa des études d’exécution) demande à l’architecte de valider les plans des entreprises intervenantes après avoir vérifié qu’ils respectent les dispositions du projet.



De gauche à droite : Jean-François Quelderie, architecte ; Pascal Postel, chef de travaux Girard ; Patric Tralongo, directeur du M.I.N Avignon, Bruno Vargas, chef de chantier Girard et Pierre Duclaux, coordinateur O.P.C..





Ce qu’apporte la préfabrication

- Suppression du travail en coffrage
- Suppression des étais
- Résultat précis et finition améliorée
- Mise en œuvre rapide
- Chantier propre

Fiche technique

Maître d’ouvrage : S.M.I.N.A
Architecte : Arpège : Avignon
BE : Beccamel, Le Pontet
BC : Socotec
Entreprise gros œuvre : Girard (Vinci Construction), Avignon
2 000 m² de dalles alvéolées
390 m² de prédalles
800 m² de prémurs




Le plus beau et le plus technique

De tous les bâtiments du M.I.N, le D5 est indéniablement le plus complexe à réaliser. Il reste encore une tranche additionnelle à faire dans son prolongement et l’agence Arpège se devait d’imaginer un bâtiment offrant la perception d’une architecture finie. “Les architectes doivent savoir s’appuyer sur la technicité de l’entreprise et des industriels pour trouver les meilleures solutions, estime Alexis Valour. Il me semble que nous avons su, ici, exploiter les contraintes du programme et de la RT 2012 pour réussir un mixage intéressant des vocabulaires architecturaux entre les parties maçonnées, les surfaces vitrées et la superstructure en bardage métallique avec ses éléments auvents et pare soleil.”
Un avis pleinement partagé par Jean-François Quelderie. “Si j’avais une certaine appréhension, je ne regrette absolument pas de faire ce chantier 100% préfa après 35 années d’activité et 15 d’enseignement à l’ENSA de Marseille”, précise ce dernier qui prépare l’avenir de son agence avec l'arrivée de jeunes associés. Nul doute qu’Alexis Valour, Maud Pérignon et Stéphane Baumeige, architecte du patrimoine, auront à cœur de conserver son esprit et sa diversité.




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