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Le gros œuvre en chantiers

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Toulouse : une école régionale de santé très technique

La preuve par le chantier Construction en solutions préfabriquées

    le 03 décembre 2014

Imaginé par l’Atelier Lion & Associés, ce bâtiment ERP 1ère catégorie de 5 étages sort d’un cadre standard au niveau de son gros œuvre, de ses exigences architecturales et son approvisionnement. Visite en compagnie d’Éric Jamin, Directeur Travaux de l’entreprise Bourdarios, en charge du macro-lot Gros-Œuvre, Menuiserie, Bardage et étanchéité.

Située dans le futur éco quartier de La Cartoucherie à Toulouse et rattachée au CHU Purpan, l’Ecole régionale de Santé va regrouper 12 établissements de métiers paramédicaux tels que des écoles d’infirmières et de sages-femmes, Instituts de Formation de manipulateurs en électroradiologie, des cadres de santé, de masso-kinésithérapie, de pédicurie-podologie, de psychomotricité, d’ergothérapie ou encore d’assistant de service social.


Pour accueillir ces 2 000 personnes dont 1800 élèves, l’agence Lion & Associés a dessiné, sur une parcelle très contrainte, un bâtiment de 12 000m² sur 5 étages relevant le défi d’amener le maximum de lumière naturelle au cœur des salles grâce à une conception en 3 ilots formant un “U”. Il comprend 3 amphithéâtres, un learning center, des bureaux, des salles de formation et salles de travaux pratiques dont un bloc opératoire, un pôle de rééducation, d’orthèse plantaire, de thermoformage, de stérilisation et trois grands amphithéâtres aux techniques de construction différentes : le premier de 400 places dans une aile du bâtiment et les deux autres accolés juste à côté avec une structure métallique.

Des prédalles suspendues jusqu’au nu extérieur des façades.

“Nous sommes partout sur des hauteurs d’étages de 3,20 m de haut, précise Eric Jamin et le bâtiment se caractérise par un nombre d’ouvertures très important, une forte exigence de finition et, au niveau du gros-œuvre, du hors-normes pour les prédalles et les allèges.”
Si initialement les planchers étaient prévus en dalles alvéolées, la donne a changé avec le souhait de l’architecte de ne pas voir de retombées de poutres filantes en façade. “Du coup, nous sommes revenus en solutions prédalles suspendues jusqu’au nu extérieur des façades, avec une répartition de 70% de prédalles précontraintes livrées par KP1 pour les grandes portées de 9,20m  maxi et, 30% de prédalles foraines pour les portées inférieures à 6 mètres, détaille Eric Jamin.”
Un défi relevé avec l’appui des équipes KP1. “Remplacer de la dalle alvéolée par de la prédalle de 7 à 9,20m de portée en restant dans l’enveloppe prévue n’est jamais évident, le standard en prédalle se situant plutôt entre 1,5 et 7m, précise, Frédéric Concato, chargé d’affaires entreprises KP1. Surtout que nous avons dû gérer une problématique de logistique très pénalisante.”

Une gestion des appros particulièrement pénalisante

En effet, compte tenu du manque d’espace alloué aux livraisons et de l’impossibilité de stocker sur chantier, la seule solution a été de mettre en place directement les prédalles à leur arrivée. La conséquence ? Une immobilisation particulièrement longue des semi-remorques pouvant atteindre 48 heures. difficile à caler avec les transporteurs.

“Notre moyenne journalière a été d’environ  200m² de prédalles, soit en gros une semi KP1 et 80 m² de coulée en place, résume Laurie Mequignon, conductrice de travaux. En termes de logistique, cela s’est globalement bien passé sur les 3 premiers étages avant de se tendre sur les 2 derniers durant l’été. Par contre, la production a suivi sans problème. Compte tenu du nombre important de réservations, nous envoyons les plans au minimum trois semaines avant, après la validation de notre bureau d’études techniques interne et, au final, malgré les aléas, nous avons réalisé en moyenne un étage tous les 13 jours ”

Un système d’allège complexe

Autre défi : la réalisation d’allèges d’un mètre de haut servant de garde-corps en façade.
“Notre objectif étant de supprimer l’intervention des hommes à l’extérieur de l’ouvrage, nous avons développé une technique spécifique pour ce chantier, continue Eric Jamin. Concrètement, nous faisons dépasser des poutrelles en extérieur au raz de la prédalle, supportées par des tours d’étayage qui viennent tenir un arrêt de coffrage. Ce dernier se compose d’un outil spécifique, acheté pour l’occasion, sur lequel on vient intégrer nos banches.”
De couleur bleu et d’une hauteur de 1 m, cet outil rigide de 5 m de long se positionne à la grue par-dessus et vient tenir la coulée du béton pour réaliser une allège se mariant parfaitement avec la prédalle.

A noter enfin que le chantier, dans le cadre de la politique du groupe Vinci, fait la part belle à l’insertion avec 15% des heures en cumulé, soit 4 personnes quotidiennement. Un gros travail pour les deux chefs d’équipe mais qui paye puisque deux d’entre-elles ont rejoint définitivement les équipes Bourdarios.

La livraison est prévue en mai 2015 avec une présence de Bourdarios jusqu’au bout pour les annexes du chantier et les finitions intérieures des nombreuses structures béton apparentes.



“Le chantier est passionnant techniquement, compte tenu de ses spécificités liés -- aux fortes exigences de l’architecte en terme de qualité. Il a été très formateur et nous a fait tous progresser en tirant les équipes vers le haut.”

Eric Jamin, chef Travaux Bourdarios





Réalisé dans le cadre d’un démarche HQE et répondant à des normes sismiques et acoustique importantes du fait de sa situation en final du conduit aérien de l’aéroport de Blagnac, le bâtiment sera finalisé par un habillage aluminium de 22cm, incorporant un vitrage de 4cm, 16cm d’isolant et 2cm de vide. ll sera surmonté de toitures terrasses végétalisées au-dessus des amphithéâtres en charpente métallique et de 3 terrasses accessibles. La plus haute abritant les équipements techniques.



D’une hauteur entre planchers de 3,15m, la façade comprend 2 caractéristiques majeures : des allèges béton d’1m de haut jouant le rôle de garde-corps et l’absence de retombées de poutres filantes nécessitant l’utilisation de prédalles suspendues jusqu’au nu extérieur des façades.



Réalisé au moyen d’un outil dédié supporté par des poutrelles prolongeant les prédalles, le système spécifique de réalisation d’allèges mis en place a permis de travailler en extérieur sans aucun passage humain.




Réalisé par 3 compagnons experts, les joints entre prédalles ont fait l’objet d’une attention toute particulière.


Compte tenu du gradinage, le plancher haut du grand amphithéâtre de 400 places fait appel à des prédalles sans étai et a nécessité la réalisation d’une immense poutre de 1,5m de large.


La complexité et les contraintes du chantier n’ont en rien impacté les ambitions environnementales du projet. Les  arbres ont été sauvegardés et le confort d’été sera assuré de façon passive par puisage dans la nappe et la gestion des eaux pluviales par infiltration totale sur la parcelle.

Fiche technique

Ecole régionale de Santé
ZAC de la Cartoucherie - Toulouse
Maître d’ouvrage : Conseil Régional Midi-Pyrénées
Maître d’ouvrage délégué : SPM Midi-Pyrénées Construction
Maître d’œuvre : Ateliers Lion Associés, Paris
Méthodes : M.C.O., Toulouse
Bureau d’Etudes Techniques TCE – Economiste : IGREC Ingénierie
Gros-œuvre : Bourdarios, groupe Vinci-Construction




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